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Le Levant d’Hélène Tayon – rencontre du 15 novembre

Causerie d’Hélène Tayon ce 15 novembre 2018.
On a d’abord parlé et commenté l’argument du livre.
Le retour sur l’enfance de l’héroïne Anne-Sophie Vivien, native de Smyrne.
Son père, d’origine bergeracquoise (il n’y en a pas eu beaucoup au Levant), très cool et faible avec son épouse.
Sa mère, arrivée de Saint-Junien, d’une famille de tanneurs. A la morale bien rigoriste et pour tout dire, très coincée.
La colonie levantine bien a l’écart dans ses villas luxueuses (sous baux emphytéotique ou par des hommes de paille), ne pensant qu’au le négoce (exportation du tabac, de l’opium, des fruits secs), riche aux as, investissant dans les bijoux, en France, et dépensant un max, mais allant à l’église tous les dimanches comme une mondanité. ne se mêlant pas au pays sinon avec quelques négociants comme eux mais turcs multilingues.
Dans ce contexte, la jeunesse dorée, assez libre sans que cela se voit trop (des parents).
La sage Rose-Anne ; qui se fait violer à la plage par son ami turc. La liaison torride qui s’ensuit comme une vengeance.
Le promenade sur les « Rochers aux Sirènes » et l’amour dans la mer.
Les vacances en limousin et la fausse couche. La rupture avec la mère qui rejette Rose-Anne
La parenthèse d’Istanbul, à Notre-Dame de Sion pour préparer le bac, malgré l’encadrement sévère – bien tardif – les sorties avec Coco la tante, mal vue de la mère (et pourtant la partie lumineuse du roman).
Les études d’économie à Paris, la drague permanente, finalement avec un professeur. le mariage et le départ sur Bordeaux.
La paresse de Rose-Anne. On devine une vie oisive et vaine. l’appétit sexuel faiblissant, la chute dans la dépendance à l’achat compulsif.
la chute brutale : alcoolismes du père qui, à Smyrne où il se meurt, épuise sa fortune. La faillite de la tannerie limousine. La mise en congé du mari dont les revenus s’amenuisent. La fuite dans le crédit permanent. La fin.


Deux livres cités
La confusion des sentiments, une nouvelle de Stefan Zweig
Le quatuor d’Alexandrei de Lawrence Durrell, dont une citation est mise sous la plume de Paul Vivien, le père de Rose-Anne dans le roman.
Smyrne et le Levant
Hélène Tayon a ensuite évoqué ses souvenirs de la société levantine, les levantins célèbres (Balladur, Glavany, Kaporal – comme les Gitanes, et d’autres), l’exception d’un mariage entre deux fortunes l’une turque (propriétaires des autocars), l’autre levantine (Jiro) le départ de la plupart des levantins vers d’autres aventures.

« La Belle Vie »

Jeudi 15 novembre, 18 heures
Thiviers, bibliothèque,
conférence



Hélène Tayon, Lanouaille 2018

Rencontre avec Hélène Tayon
la Belle Vie

Hélène Rayon, notre voisine de Payzac, a longuement enseigné au Proche-Oient, c’est à dire au Levant, et au Moyen-Orient, dans les lycées et les écoles françaises. Ayant pris sa retraite il y a quelques années après un dernier poste en France au lycée Porte d’Aquitaine, elle se consacre depuis à la littérature. La Levantine est son quatrième ouvrage et son deuxième roman

Rose-Marie Vivien, levantine et personnage principal de l’histoire, est ainsi accompagnée par l’auteur tout au long d’une vie qui n’aura au fond que les apparences de la belle vie, depuis l’opulente Izmir où les enfants des planteurs de tabac turcs et des négociants français vivent une jeunesse dorée, et, dans le roman, des amours secrètes et mouvementées.
Istanbul ensuite, où une tante mène une vie libre, cultivée et heureuse à laquelle Rose-Marie ne goûtera que brièvement, presqu’en cachette et malgré elle.
Saint-Junien et Limoges où la mère de Rose-Marie se montre très rigoriste jusqu’à l’absurde et l’insensible.
Paris et son université où Rose-Marie trouve un mari commode plus âgé qu’elle mais qui assure au couple l’assisse bourgeoise que Rose-Marie recherche.
Une banlieue cossue de Bordeaux enfin où Rose-Marie, devenue femme mûre et son mari vieillissant, tombera sous l’emprise de la société de consommation et du vivre à crédit.
Autant de situations et de contextes pour lesquels Hélène Tayon développera dans sa causerie quelques-uns des problèmes sociétaux d’aujourd’hui et du passé levantin récent, évoqués par son ouvrage et qu’elle juge importants.

Concert du 4/11/2018

Cinquième suite pour violoncelle seul de Bach, sonate pour violon seul de Prokofiev, suite pour violoncelle de Cassadó interprétées successivement sur deux excellents instruments de luthiers français du XIXe

  • un violon de 1808 du luthier Pique à Paris (à l’angle de la rue de Grenelle-Saint-Honoré  – aujourd’hui rue Jean-Jacques Rousseau – et de la la rue des Deux Ecus – qui n’existe plus).
  • un violoncelle d’Hippolyte Coussin de même époque sur le modèle d’un Guardagnini

Des instruments servis par des interprètes d’une grande justesse et d’une grande sensibilité.

Et d’une entente parfaite pour une sonate violon-violoncelle sublime, dernière pièce du programme.

En bis, le duo Pandora a joué la pasacaille d’Halvorsen (1864-1935) sur un thème de Haëndel.

de Bach à Prokofiev


Florimond et Emilie

Dimanche 4 novembre, 15 heures
Thiviers, salle du Parc
entrée 12 EUR
réservation possible : 0553 551 250 (O.T. de Thiviers) ou au 0682 240 076

les Musiciens
Pandora duo violon violoncelle
Deux jeunes instrumentistes pleins de fougue et d’ambition.
Florimond Dal Zotto, violoncelliste a obtenu son prix au conservatoire national supérieur de Lyon en 2006.
Il a d’abord joué principalement en premier pupitre avec des orchestres symphoniques, soit en free-lance, soit en titulaire (Orchestre national de Bordeaux par exemple, mais aussi, avec Emilie, Orchestre Odino).
L’été, il donne en Bretagne des récitals de violoncelle dans des abbayes, des églises ou des chapelles de la côte et des îles (typiquement Belle-Île en mer) selon un déroulé qu’il a baptisé Violoncelle en voile.
Tout en participant à d’autres formations de musique de chambre (trio Glinka violoncelle, clarinette, piano) ou jazzy (avec Vincent Touchard), il vient de créer avec Emilie sa compagne, son duo violon/violoncelle. Après plusieurs concerts donnés cet été avec succès, le duo s’inscrit dans la durée et prend le nom de Pandora.

le Programme
de Bach à Prokofiev, le programme alternera duos et solos :
la 5e suite pour violoncelle de Bach
la sonate de Prokofiev pour violon seul
la suite de Cassado pour violoncelle
la sonate de Ravel pour violon et violoncelle

Essentiellement des œuvres bien connues des mélomanes et assez virtuoses pour une agréable après-midi de musique classique.

pout tout renseignement sur ce programme : 06 82 24 00 76

La rencontre du 25 octobre avec Valérie Zézé

Bel échange entre le public, dont une part avait lu avec beaucoup d’émotion et d’admiration la BD où se raconte son histoire récente avec une Valérie Zézé très en forme, cette jeune française (elle a tout de même 52 ans) qui vit actuellement à Nanthiat, soutenue par Sylvie Leroy, la directrice de l’atelier d’ornement.
Valérie a parlé assez librement de son enfance française, la DASS à son arrivée et les familles d’accueil assez sordides, l’institut de la Providence à Amiens, où elle était la seule « black », plus tard la vie en détention dans le cas des peines brèves (et la Belgique n’est pas différente de la France à cet égard).
Elle a parlé aussi de sa relation apaisée avec le père dont elle est la fille ainée (avec lequel elle n’a jamais rompu), de l’impact de tous ces événements sur la vie de son fils trentenaire, aujourd’hui établi à Bruxelles.
On a pu au passage apprécier la qualité du travail de la communauté thérapeutique Maison André Le Gorrec à Brantôme, qui aide les patients à faire de leur victimisation une force et ainsi la surmonter (je simplifie outrageusement, sinon tout le monde saurait le faire).
On attend avec impatience en 2019 la parution de ses deux livres, en cours de correction.
Un Conte (dont j’ai oublié le nom) et un roman (Devant le Barreau – Derrière le Barreau) dont les premiers feuillets avaient déjà fait l’objet avec un certain succès, d’une lecture théâtralisée mise en scène par Patricia Houyoux.
Bien entendu, comme à l’accoutumée, les échanges se sont prolongés autour du verre de l’amitié.

Valérie Zézé : la Prison et la Récidive

Jeudi 25 octobre, 18 heures
Thiviers, bibliothèque,
conférence

Rencontre avec Valérie Zézé
la Prison et la Récidive
ou
comment devient-on récidiviste, et la prison soigne-t-elle ?

Valérie Zézé avait commencé une carrière de professeur de lettres lorsqu’après l’accident d’un élève dans sa classe, elle se retrouve sans emploi, découvre la drogue, pratique le vol, réitère dans la récidive , connait la prison.

Avec Delphine et Anaële Hermans, elle relate son histoire dans une bande dessinée et vient de recevoir le prix Atomium de Bruxelles pour « la Ballade des Dangereuses » parue cette année aux éditions de la Boîte à bulles.

Après sa cure de désintoxication, Valérie Zézé réside libre à Nanthiat où elle a d’ailleurs organisé un salon du livre « les Cris féminins – l’Ecrit féminin » avec une douzaine de femmes auteurs.

Et se construit dans ce village un emploi d’écrivain public.

le Grand Week-end de nos amis du Théâtre de Poche



Grâce aux étroites relations qu’entretient avec les institutions culturelles de la Dordogne, l’association France-Québec (section Périgord-Québec que nous recommandons à tous ceux qui aiment la Belle Province), Thiviers va recevoir Gaëtan Leclerc pour deux récitals vendredi soir et dimanche en matinée.
Naturellement très musicien (sa mère est professeur de piano), Gaëtan sait manier la guitare et tenir la scène ; si, heureusement, sa voix n’est pas l’exacte réplique de celle si célèbre de son oncle Félix (1914-1988) elle convient bien, avec sa pointe d’accent québécois, à ses textes populaires et poétiques. Pour le Xe anniversaire, Gaëtan Leclerc s’est laissé convaincre et s’est lancé. Depuis, il aime à nous parler du grand Félix. Et, passant le temps, à faire revivre merveilleusement toutes les chansons de son oncle dans une pure et respectueuse authenticité à commencer par celles qui, de « Moi mes Souliers » au « P’tit Bonheur », ont fait lors des récitals de 1950 à Paris, une vedette de la chanson française d’une personnalité déjà très appréciée au Québec pour la radio, le théâtre et la télévision, et bien sûr la poésie.
Et ce même week-end, déjà applaudi à Thiviers dans un remarquable « la Loge de Cyrano » miroir de l’œuvre de Rostand, puis dans les textes inattendus et caustiques de « Comédies en Feydeau majeur », l’acteur Patrick Guichard assurera l’alternance le samedi 7 avril, incarnant un Jérôme Bouvier pourchassé par les fantômes des stars les plus illustres du théâtre et du cinéma français, de Sarah Bernhardt elle-même à Romy Schneider, dans un vertigineux « seul-en-scène » aux voix multiples préparé par son éternel complice Frank Bertrand.

Et tout cela se passe au Théâtre de Poche !

Gaëtan Leclerc chante …Félix !
vendredi 6 à 20 h 30 et dimanche 8 à 15 h 30
tarif unique 12 EUR
l’Homme aux actrices
samedi 7 à 20 h 30
entrée 12 EUR (adhérents du Théâtre de Poche 10 EUR)
un seul numéro pour les réservations : 06 41 90 66 18
le Théâtre de Poche est à l’ancien espace Virmouneix
impasse de Tombouctou, 34-36 rue du Général Lamy – Thiviers.

Les Leclerc : de Félix à Gaëtan


Le Théâtre de Poche reçoit les 6 et 8 avril Gaêtan Leclerc, neveu de Félix Leclerc dont il reprend et défend le répertoire.

Félix Leclerc est aussi célèbre au Québec qu’en France. Voici la présentation qu’en fait Jean Royer dans son Anthologie de la Poésie Québecoise Contemporaine (édition 1996). et que tous les périgourdins apprécieront :

Félix Le clerc, né à la Tuque en 1914
Premier troubadour de la chanson de langue française contemporaine, il est aussi le dernier poète de la vie rurale.
Il s’était fait connaître au Québec par ses textes radiophoniques et son théâtre avant d’être consacré vedette de la chanson en France en 1950.
Son recueil de poèmes Andante (1944) tout comme la suite de son œuvre réunit un ensemble de contes et de fables où les saisons de l’homme s’accordent à celles de la nature.
Non seulement ses livres, mais aussi ses chansons ont fait de lui le poète le plus populaire du Québec.
Ses premières œuvres dont Pieds nus dans l’aube (1946), parues chez Fides à Paris et à Montréal sont constamment rééditées. Notons ses plus récents titres parus aux Éditions de l’Arc Le Petit Livre bleu de Félix ou le petit calepin du même flâneur (1978) et Rêves à vendre (1984).

à consulter :
Luc Bérimont, Félix Leclerc Paris Seghers 1964 – collection Poètes d’aujourd’hui

et pour ceux qui ont accès à une bibliothèque québecoise :
Jean Royer, Pays intimes, entretiens (1966-1976) Montréal Leméac éditeur, 1976

Félix Leclerc est décédé à Saint Pierre de l’Île d’Orléans en 1988
En hommage les récompenses de la chanson québécoise s’appellent désormais les Prix Félix.

sa notice Wikipédia (très détaillée)

Le chanteur Gaëtan Leclerc, à la ville neveu de Félix, a été invité par les organisateurs à l’hommage rendu en 1990 , Xe anniversaire du décès de son oncle. Il a alors interprété une sélection de chansons qui peu à peu est devenue le tour de chant plein d’authenticité que le Théâtre de poche nous permettra d’apprécier.