Archives de catégorie : musique de chambre

la Double Surprise

On savait que Hiroko, la passion de l’accordéon personnifiée en femme japonaise, est célèbre dans son propre pays, où pourtant l’accordéon n’est pas roi, et qu’elle reconnue en France parmi ses pairs.
On savait que ceux-ci, à la suite de Richard Galliano et de quelques autres avaient libéré le répertoire.
La vraie première surprise est venue de la pureté du son que Hiroko tire de son instrument, (un Maugein basses standards) choisi avec soin certainement. 0n ne peut pas ne pas la remarquer dans le cadre de la salle du Le clair, particulièrement claire et juste.
C’est que le rendu sonore de l’accordéon dépend beaucoup de l’instrumentiste ; on dit souvent que le soufflet est l’archet de l’accordéoniste.
A cela s’ajoute un doigté délicat de sorte que dans le jeu d’Hiroko le son global est particulièrement riche. Hiroko Ito est une accordéoniste exceptionnelle

La deuxième surprise c’est le shamisen.
Sylvain est presque certainement le seul européen qui non seulement le pratique, mais en est considéré comme un maître (c’est à dire digne de l’enseigner à l’égal des plus grands japonais).
Mais la surprise est devenue extrême, lorsque, passée la présentation de ce luth traditionnel, les deux instruments ont délivré une musique si fusionnelle.
Petite note linguistique pour la lecture à voix haute : dans les transcriptions des mots japonais, le h est toujours aspiré.

Une après-midi très conviviale avec le trio Ruvido


Hugo Proy Juliette Bourette et Ilyes Bouffaden

Alors qu’à l’extérieur le temps était plutôt maussade, partagé entre grosses averses et modestes éclaircies, le récital du trio Ruvido au Le Clair s’est déroulé dans une atmosphère conviviale relevée par l’ambiance si cosy de la salle.

Le public a été pris d’emblée par le charme particulier du trio d’anches dans les canons extraits des Variations Goldberg (une sur trois), particulièrement lisibles dans la transcription pour instruments à vent.

L’interprétation du divertimento pour trois cors de basset transcrit pour la clarinette d’aujourd’hui, le hautbois et le basson, a été …mozartienne, tout simplement.

L’ouverture de l’Echelle de soie de Rossini, très brillante, a donné envie d’entendre la suite : l’Odyssée à Périgueux ou le Théâtre-Opéra à Limoges peuvent maintenant programmer sans soucis l’opéra-bouffe dans son entièreté pour leurs prochaines saisons.

Et juste avant les Cinq pièces en trio de Jacques Ibert dédiées à Fernand Oubradous, le père-fondateur en quelque sorte du trio d’anches, on avait apprécié la simplicité parfaite du « Concert champêtre » d’Henri Tomasi grâce auquel on a pu rêver un instant à nos déjeuners sur l’herbe du printemps prochain.

Retour à l’urbanité avec en bis une composition d’Hugo Proy sur un thème de Joe Isaishi pour le film Nausicaa de la vallée du vent d’Hayao Miyazaki, la composition de Miles Davis Nardis et enfin le célèbre Tico-Tico no Fubá.

Trio Ruvido



Le trio Ruvido est le trio d’anches du quintette éponyme que nous avons reçu en décembre 2014 et qui avait été très apprécié. Le trio d’anches propose un répertoire bien différent de celui du quintette à vent et plus nettement chambriste.

Les musiciens

Juliette Bourette, basson, est le leader et bien que cela commence à être difficile pour les uns et les autres en termes d’engagements, entre la préparation des examens finaux (le flûtiste est en ce moment au conservatoire de Genève…), les concerts et les participations aux concours internationaux de quelques-uns, elle aimerait rejouer avec ce quintette qui d’emblée s’était fait remarquer pour sa qualité – et on peut penser que cela se fera même si le trio d’anches prendra sa vie propre (cf. supra)

Depuis son concert à Thiviers, Juliette, a passé son prix du CRR Paris (on le présente quand le professeur vous dit de le faire), et est entrée au Conservatoire, où elle entame sa troisième année.
Elle travaille beaucoup en orchestre orchestre français des jeunes, quelques autres entre temps. Et maintenant orchestre des jeunes de l’Union européenne, et une tournée en Chine il y a quelques jours.
On a appris incidemment que c’est le grand-père de Pierre qui l’avait attirée vers le basson, mais ça n’arrive pas à toutes les jeunes filles même douée pour la musique.
Ilyes Bouffaden, hautbois, est lui aussi issu du CRR Paris, et également en troisième année du Conservatoire. Titulaire de quelques grands prix internationaux spécifiques de son instrument, il a été appelé récemment comme hautboïste solo dans l’Orchestre de Chambre de Paris, une formation renommée qui joue régulièrement au Théâtre des Champs Elysées.
Quant à Hugo Proy il s’engage dans une carrière non moins intéressante mais moins banale et travaille avec de nombreux grands du jazz. Et il fait le sideman, métier difficile et rare qui consiste à venir étoffer les ensembles de jazz établis pour leurs enregistrements (et évidemment, il faut jouer dans le style de chacun).

Le programme

Bach, un extrait des variations Goldberg : les 9 variations en canon (de trois en trois de 3 à 27) arrangés pour trio d’anches arrangées par Michek Del Giudice, un chef de musique qui aura ainsi (entre autres) fait son chemin.
Mozart, un divertimento pour trois cors de basset transcrit par Oubradous (quasiment le père fondateur des trios d’anches)
Rossini, la Sinfonia de la Scala di Seta où le hautbois a le beau rôle. Un arrangement d’un musicien franco-allemand Stéphane Egerling, hauboïste évidemment. On commence à rejouer l’Echelle de Soie dans son entièreté (c’est une grosse farde), mais la sinfonia est toujours restée au répertoire.

Pour la deuxième partie

Tomasi, dont nous pensions que personne ne le connaissait (en tout cas pas nous) mais si, il a son nom dans le sudest presque partout, et même (il était corse) au CRR d’Ajaccio. C’est qu’il a écrit beaucoup d’œuvres importantes avec lesquelles il a eu de beaux succès à Paris comme en Provence : grands concertis, poèmes symphoniques (d’inspirations très intellectuelles et littéraires), ouvrages lyriques
Pour cette fin d’après-midi dominicale, ce sera un simple et délicieux Concert champêtre.

Ibert, dont la gloire du Prix de Rome, de la direction de la villa Médicis et de celle de l’Opéra et de l’Opéra comique (à l’époque réunis en une seule institution) s’est conservée, et qui était un ami des trios d’anches : ce sera donc, dédiées à Oubradous Cinq Pièces en trio

Dimanche 12 novembre 15 heures
salle du cinéma Le Clair, 4 avenue du Général Leclerc

Longue Vie au quintette RUVIDO

Il se peut que ce soit le pur hasard des amitiés joyeuses et studieuses qui ait lié cinq jeunes gens épris de musique jusqu’à former un quintette à vent.
Il se peut aussi que ce soit le seul hasard des cousinages et des parentèles qui ait conduit le quintette jusqu’à la scène du Le Clair à Thiviers.
Mais on n’obtient pas une distinction au concours international Léopold Bellan tout à fait par hasard.
Il faut des talents, du professionnalisme (déjà), de la culture.
Le professionnalisme, ceux qui ont eu le privilège d’assister aux répétitions du samedi après-midi et du dimanche, ont pu le constater. Concentration sur les points clés, adaptation à l’acoustique (moyen-sèche) de la salle, réglage des équilibres sonores. Le tout pour être prêts à l’heure dite (c’est à dire avant l’ouverture de la salle.
Culture, musicale, ceux qui ont partagé avec eux le repas du soir, l’ont appréciée.
Quant au talent, il a fait l’unanimité du public.


La qualité technique d’abord, parce que le programme ne comportait aucune composition facile d’exécution – et surtout pas, quoiqu’on dise quelquefois de lui, les variations de Malcolm Arnold sur trois chants anglais de matelots (Three Shanties).
Dans le quatuor américain de Dvorak on a entendu toutes les couleurs de l’Iowa telles qu’enregistrées par une oreille tchèque, avec les accents presque symphoniques de la transposition de David Walter.
Summer Music, l’une des rares compositions pour les vents de Samuel Barber, mais souvent reprise. Sans doute parce qu’elle met en valeur chaque instrument à son tour et que le public apprécie.
L’ensemble Ruvido a interprété pour finir la Suite n°1 d’après Carmen de Bizet avec la fougue de la jeunesse.
En bis, Rêverie de Debussy, une pièce pour piano souvent transposée (quintette à vent comme dimanche aussi, ou hautbois et harpe, et d’autres encore) fut interprétée avec une grande sensibilité.
Premier concert loin de leurs bases pour ce jeune quintette. Mais ce ne fut pas parce que le public n’était pas constitué d’amis qu’il ne fut pas enthousiaste.
Ce que le hasard a fait de si beau, l’homme ne doit pas le défaire
Alors, longue vie au quintette Ruvido.

Quintette à Vent Ruvido le 14 décembre

Dimanche 14 décembre 15 heures Thiviers,
salle du cinéma Le Clair, 4, rue du Général Leclerc
entrée 10 EUR
réservation à l’O.T. : 0 553 551 250
après samedi 16 heures : 0 682 240 076 ou bien 0 632 917 4 04

Le Quintette
Ce quintette, qui a choisi pour emblème le mot italien de Ruvido s’est formé dans la classe de musique de chambre de Philippe Ferro au CRR de Paris. D’emblée, la formation a obtenu un deuxième prix dans la catégorie musique de chambre au concours Léopold Bellan de 2014.
Le quintette est ainsi composé :

Luc MANGHOLZ, flûte
Ilyes BOUFFADEN, hautbois
Hugo PROY, clarinette
François RIEU, cor
Juliette BOURETTE, basson

Quintette RUVIDO

De l’Amérique à l’Espagne
Avec le quatuor n°12 dit américain de Dvorak et la suite de Carmen de Bizet, deux transcription pour quintette à vent de l’incontournable David Walter dans ce répertoire.
Ruvido interprétera en outre
Les variations pour quintette à vent sur Trois Chants de Matelots d’Arnold et la Summer Music de Barber – le coup de cœur de Juliette !

de Bach à Gershwin : trois clarinettes et un piano

Dimanche 16 novembre 15 heures Thiviers,
salle du cinéma Le Clair, 4, rue du Général Leclerc
entrée 10 EUR
réservation à l’O.T. : 0 553 551 250
après samedi 16 heures : 0 682  240 076 ou bien 0 632 917 4 04

La  Pianiste

Kazuko Himaya
Kazuko HIMAYA

Kazuko HIYAMA est née à Osaka.
Elle a obtenu ses premiers diplômes universitaires au collège de musique Toho-Gakuen à Tokyo.
A la suite, elle est venue en France et vit maintenant à Paris.
Après son premier prix au CRD de Paris, elle a suivi deux cycles complets de piano et de musique de chambre aux conservatoires nationaux supérieurs de Paris et de Lyon.
Sans négliger ni le piano collaboratif (dans l’équipe enseignante du conservatoire des VIIe et XVIearrondissements) ni la musique de chambre, elle entame une carrière de soliste et de concertiste.

Les clarinettistes


Hiromi FUKUSHIMA Ghyslin DI SACCO Vincent LAURET

C’est en accompagnant le récital de la mezzo-soprane Malika BELLARIBI en 2009, que Ghyslin DI SACCO et son épouse Hiromi FUKUSHIMA, ont découvert et apprécié la salle du cinéma LE CLAIR. D’où l’idée de ce concert.
Comme Kazuko, Hiromi FUKUSHIMA est née à Osaka et c’est dans cette ville, avec les maîtres de l’université <ahref= »http://en.wikipedia.org/wiki/Soai_University » >SOAI , qu’elle a obtenu ses premiers degrés.
In fine, tous trois se sont formés à l’école française de la clarinette.
Ils ont en effet suivi chacun quelques-uns des cycles de perfectionnement que donnent dans les divers conservatoires les solistes des grands orchestres symphoniques.
Ainsi, par exemple, Ghyslin et Hiromi, à Versailles, où Hiromi était venue initialement pour trois ans, avec Philippe CUPER, super-soliste (entre autres) à l’Opéra de Paris.
Et Vincent LAURET avec Michel Arrignon.
Ghyslin et Vincent sont clarinettistes titulaires à la musique de la Garde républicaine.

Le Programme

Entre une fugue de Bach (dans une transposition pour trois clarinettes) et une interprétation de ‘Oh, Lady Be Good’, une pièce de Gershwin peut-être un peu moins connue que d’autres mais non moins plaisante, le programme, joué tour à tour en trio ou en quatuor, en duo ou en solo, visitera Brahms, Mendelssohn, Chopin, Debussy, Ibert et Poulenc, jusqu’à Brubeck et Bernstein.
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 La manifestation a reçu le soutien du conseil général de la Dordogne et de la municipalité de Thiviers