Archives de catégorie : postface

Retour de Ville

Un moment de magie, auquel le public a été sensible

Sur la scène, bien que les rampes soient équipées de LED (sauf peut-être celles du fond de salle), il faisait bien chaud – mais cela n’a pas détourné l’attention du pianiste (Patrick Pernet).

Voici un intermède flûte et piano

Puis pour un moment plus intime, Marianne a pris la guitare

Entre chansons et musiques, des textes qui ont parlé merveilleusement à chacun, de l’humour certes, mais aussi une force incroyable que Marianne a su partager, devant les malheurs de l’existence, les instants de bonheur si précieux, la vie, qui prime !

Concert du 2/12/2018

Fauré, l’un des fondateurs – et sans doute le plus connu – de la Société Nationale de Musique, Debussy, le symboliste, Ravel enfin, à la carrière si longue. Trois compositeurs pas tout à fait de même génération, mais finalement d’une même école musicale Trois sonates célèbres Interprétées par deux musiciens, une pianiste, que nous connaissons bien et un violoniste que nous avons eu la chance de découvrir (localement, car en fait, il est connu…), deux interprètes à l’entente parfaite dans une salle de cinéma, remarquable écrin pour la musique de chambre. Pour un public de mélomanes ravis de suivre confortablement en pleine ville un concert dominical.

revoir le programme papier (fichier pdf, 44 Ko)

lire le compte-rendu de Sudouest.

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Kazuko, après le concert



Le Levant d’Hélène Tayon – rencontre du 15 novembre

Causerie d’Hélène Tayon ce 15 novembre 2018
à propos de son roman La Levantine.
[télécharger le fascicule corrigé]

l’argument

Hélène Tayon a repris l’argument du livre, qui n’est pas du tout chronologique en retraçant les principales étapes de la vie de l’héroïne Rose-Anne Vivien (sans donc parler de la dernière partie, les négociations de M. Trappe avec les créanciers, les dernières correspondances de Rose-Anne, le voyage de M. Trappe à Smyrne et aux rochers des sirènes).
Donnant ainsi une bonne idée de la tonalité générale du roman.

  • Rose Anne Vivien naît donc à Smyrne en 1996.

    Son père, dont la famille vient de Bergerac, très cool avec sa fille (voir la citation de Durell qu’Hélène Tayon lui attribue en exergue) faible avec son épouse.

    Sa mère, arrivée de Saint-Junien pour un mariage conclu en Limousin. Elle vient d’une famille de tanneurs. A la morale bien rigoriste et pour tout dire, très coincée.

    La colonie levantine bien a l’écart dans ses villas luxueuses du bord de mer (sous baux emphytéotique ou par des hommes de paille), ne pensant qu’au le négoce (exportation du tabac, de l’opium, des fruits secs), riche aux as, investissant dans les bijoux, en France, et dépensant un max, mais allant à l’église tous les dimanches comme une mondanité ; ne se mêlant pas au pays sinon avec quelques négociants comme eux mais turcs multilingues.
    Dans ce contexte, la jeunesse dorée, assez libre sans que cela se voit trop (des parents).

    La sage Rose-Anne ; qui se fait violer à la plage par son ami turc. La liaison torride qui s’ensuit conçue une vengeance car elle n’aboutira pas à une vie commune.
    Le promenade sur les « Rochers aux Sirènes » et l’amour dans la mer avant les vacances en France avec ses parents.
    La fausse couche.
    La parenthèse d’Istanbul, à Notre-Dame de Sion pour préparer le bac, malgré l’encadrement sévère, les sorties avec Coco la tante, mal vue de la mère [et pourtant la partie lumineuse du roman].
    Les études d’économie à Paris, la drague permanente, finalement avec un professeur. le mariage et le départ sur Bordeaux.
    La paresse de Rose-Anne. On devine une vie oisive et vaine (elle a été bonne élève, bac avec mention à Notre-Dame de Sion à Istanbul, mais depuis elle ne lit plus beaucoup [à dire vrai l’auteur n’en sait rien]). l’appétit sexuel faiblissant, la chute dans la dépendance à l’achat compulsif.
    Les choses se gâtent
    alcoolisme du père qui, à Smyrne où il se meurt, épuise sa fortune. La faillite de la tannerie limousine. La mise en congé du mari dont les revenus s’amenuisent. La fuite dans le crédit permanent.


Deux livres cités
La Confusion des sentiments, une nouvelle de Stefan Zweig (transposée en hétéro ?)
Le Quatuor d’Alexandrie quatre volumes de Lawrence Durrell, dont une citation est mise sous la plume de Paul Vivien, le père de Rose-Anne dans le roman.

Smyrne et le Levant
Hélène Tayon a ensuite évoqué ses souvenirs de la société levantine et du séjour d’es tayons, lui dirigeant le cercle culturel, ele professeur au lycée français., les levantins célèbres (Balladur, Glavany, Kaporal – comme les Gitanes, et d’autres), l’exception d’un mariage entre deux fortunes l’une turque (propriétaires des autocars), l’autre levantine (Jiro) le départ de la plupart des levantins vers d’autres aventures.
[évocation du lycée turc Tevfik Fikret]

Sur l’histoire de Smyrne (Izmir en turc), on peut lire un article du Monde diplomatique en ligne :
https://www.monde-diplomatique.fr/2008/03/MANSEL/15723
lequel remonte à la refondation de la ville par les Eoliens après la destruction du site hittite.

Concert du 4/11/2018

Cinquième suite pour violoncelle seul de Bach, sonate pour violon seul de Prokofiev, suite pour violoncelle de Cassadó interprétées successivement sur deux excellents instruments de luthiers français du XIXe

  • un violon de 1808 du luthier Pique à Paris (à l’angle de la rue de Grenelle-Saint-Honoré  – aujourd’hui rue Jean-Jacques Rousseau – et de la la rue des Deux Ecus – qui n’existe plus).
  • un violoncelle d’Hippolyte Coussin de même époque sur le modèle d’un Guardagnini

Des instruments servis par des interprètes d’une grande justesse et d’une grande sensibilité.

Et d’une entente parfaite pour une sonate violon-violoncelle sublime, dernière pièce du programme.

En bis, le duo Pandora a joué la pasacaille d’Halvorsen (1864-1935) sur un thème de Haëndel.

La rencontre du 25 octobre avec Valérie Zézé

Bel échange entre le public, dont une part avait lu avec beaucoup d’émotion et d’admiration la BD où se raconte son histoire récente avec une Valérie Zézé très en forme, cette jeune française (elle a tout de même 52 ans) qui vit actuellement à Nanthiat, soutenue par Sylvie Leroy, la directrice de l’atelier d’ornement.
Valérie a parlé assez librement de son enfance française, la DASS à son arrivée et les familles d’accueil assez sordides, l’institut de la Providence à Amiens, où elle était la seule « black », plus tard la vie en détention dans le cas des peines brèves (et la Belgique n’est pas différente de la France à cet égard).
Elle a parlé aussi de sa relation apaisée avec le père dont elle est la fille ainée (avec lequel elle n’a jamais rompu), de l’impact de tous ces événements sur la vie de son fils trentenaire, aujourd’hui établi à Bruxelles.
On a pu au passage apprécier la qualité du travail de la communauté thérapeutique Maison André Le Gorrec à Brantôme, qui aide les patients à faire de leur victimisation une force et ainsi la surmonter (je simplifie outrageusement, sinon tout le monde saurait le faire).
On attend avec impatience en 2019 la parution de ses deux livres, en cours de correction.
Un Conte (dont j’ai oublié le nom) et un roman (Devant le Barreau – Derrière le Barreau) dont les premiers feuillets avaient déjà fait l’objet avec un certain succès, d’une lecture théâtralisée mise en scène par Patricia Houyoux.
Bien entendu, comme à l’accoutumée, les échanges se sont prolongés autour du verre de l’amitié.